Prix Photo Sociale 2026 : découvrez les lauréats
Mise à jour le 16/06/2026
Créé en 2020, le Prix Photo Sociale, soutenu par la Mairie du 10ᵉ, met à l'honneur le travail de photographes engagés pour documenter le quotidien des plus fragiles d'entre nous. Découvrez en exclusivité les lauréats de l'édition 2026 qui seront exposés en mairie à l'automne prochain.
Un prix pour sensibiliser le grand public à l'urgence sociale
Derrière les chiffres de la pauvreté en France — neuf millions de personnes touchées, dont deux millions dans l’extrême dénuement et plus de 300 000 à la rue — se cache une réalité humaine dont on tend encore trop souvent à détourner le regard pour ne pas la voir. D'où la nécessité de raviver les consciences et de redonner de la dignité à tous ces visages ignorés.
En fondant le Prix Photo Sociale, l’ambition était claire : faire de la photographie un pont vers l'engagement solidaire, en invitant à s'arrêter sur les réalités de la précarité et de la vulnérabilité dans notre pays. Car une image forte, réalisée avec pudeur et sincérité, a ce pouvoir unique de questionner en profondeur, de déranger parfois, mais aussi et surtout de toucher en plein cœur et de faire bouger les lignes.
Les lauréats de l'édition 2026
Pour cette édition 2026, deux nouveaux prix ont été créés dont le prix « Nouveau Regard », qui vise à valoriser un traitement original de la thématique abordée en « décalant » notre manière de voir l’exclusion, permettant ainsi de faire changer durablement le regard que nous portons sur la précarité.
Grand Prix Photo Sociale 2026 • François Le Guen, La Longue Saison
Quelque part en Provence, un hameau isolé abrite une communauté offrant refuge à des hommes et des femmes dont les parcours de vie ont été fragilisés ou marginalisés : personnes en rupture sociale ou personnelle, en sevrage, sans abri, ou en errance de longue durée. L’accueil y est inconditionnel, et sans limite de temps.
Depuis plus de cinquante ans, celles et ceux qui s’y arrêtent reconstruisent le lieu à mesure qu’ils se reconstruisent eux-mêmes. La diversité des âges, des origines et des parcours se fond dans l’effort collectif, chacun œuvrant de ses mains à son propre équilibre autant qu'à celui du groupe : travaux agricoles et forestiers, tâches d’intendance, vie communautaire. Saison après saison, certains repartent, d’autres restent ou reviennent, portés par le désir de transmettre ce qui les a sauvés.
François Le Guen
François Le Guen (1990) est un photographe français basé à Paris. Formé à l’architecture (ENSAPM, DPLG), il se consacre à la photographie au cours de ses études, d’abord comme un outil de représentation et d’argumentation de ses projets. Elle devient progressivement centrale dans sa pratique, jusqu’à s’imposer comme son principal mode d’expression. Il travaille principalement en moyen format argentique, dans une démarche qui privilégie une forme de lenteur et d’engagement.
Ses projets s ’ancrent souvent dans des contextes personnels. Ainsi, c'est suite à la disparition de son père qu'il décida de retourner en Provence, territoire qu’il connaît depuis l’enfance. Ce retour aux origines a marqué le point de départ de La Longue Saison, son premier projet d’auteur.
Prix Spécial du jury • Naïma Lecomte, Faucon
Depuis 2022, Naïma Lecomte se rend régulièrement à la Bergerie de Faucon, un lieu qui accueille sept adolescents confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Beaucoup ont connu des parcours instables, entre placements successifs et ruptures.
Le travail de l'artiste se concentre sur le quotidien de ces jeunes, leurs gestes, leurs regards et les moments en creux. La photographie vient alors comme un léger arrêt dans le rythme du quotidien, une façon de prendre le temps. Loin de retracer leur histoire ou de documenter le foyer de manière exhaustive, la photographe s’attache à ces moments d’attention, de doute ou de confiance, où l’identité de chacun se construit au fil des jours.
Naïma Lecomte
Née en 1996 à La Rochelle, Naïma Lecomte vit aujourd’hui à Montpellier. Diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 2021, elle développe un travail documentaire sensible, inscrit dans le temps long. Elle retourne régulièrement sur les territoires qu’elle photographie, privilégiant la durée et la relation pour construire ses images.
En 2025, elle participe à la résidence Jeune Création du festival Planches Contact à Deauville, où elle réalise la série Ce qui borde, récompensée par le Prix du Jury. Son projet de diplôme, Au bout de la route (2019–2021), réalisé à Port-Saint-Louis-du-Rhône dans le Parc naturel régional de Camargue, explorait déjà les liens entre un territoire, ses habitants et les formes de vie qui s’y inscrivent.
Prix Nouveau Regard • Valérie Horwitz, In Between
Cette série est un travail avec et sur des jeunes filles mineures placées en maison d’arrêt ou en prison, des lieux où presque tous les mouvements sont suspendus ; où les droits et les possibles sont réduits. Ces institutions, outre leurs missions affichées de normalisation et de réinsertion, ont aussi pour fonction tacite de soustraire ces personnes à la société et à nos regards. Valérie Horwitz aime à citer Michel Foucault, qui allait en ce sens lorsqu'il disait que « la prison transforme une personne en type d’individu » : un délinquant et un numéro d’écrou.
Singularité de cette série : pour pouvoir être photographiés, les sujets ne doivent être ni identifiables, ni reconnaissables. Seuls leurs corps peuvent donc manifester, signifier, exister et témoigner de ce que la prison fait à un individu. Il y a là une suspension du droit à l’image contre leur volonté et, par extension, du droit de s’appartenir.
Ce projet, constitué en deux volets, a été réalisé au centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille et à l’Etablissement pour mineurs (EPM) mixte de Lavaur 1.
Valérie Horwitz
Valérie Horwitz, née en 1972, vit et travaille à Marseille. Diplômée en communication, elle recentre sa vie autour de la création en 2012 et obtient un DNAP de l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence en 2015 puis le prix Polyptyque 2020.
Elle s’intéresse aux espaces physiques et psychiques qui contraignent, qui enferment, et aux mouvements du corps et de l’esprit qui permettent de résister, de se libérer de croyances, d’idéologies, et des conventions, pour construire de nouvelles façons d’être au monde. Si l’artiste use du médium photographique quotidiennement, elle a décidé de ne pas choisir : prise de vue, images d’archives, écriture poétique, vidéo, c’est toujours au projet de déterminer ses besoins et spécificités formels.
Les lauréats exposés en Mairie du 10e
Comme chaque année, la Mairie du 10ᵉ, partenaire et soutien du Prix de la Photo Sociale, accueillera à l'automne les travaux des lauréats de cette édition 2026.
Le vernissage se déroulera en présence des artistes et des élu-es de l'arrondissement le jeudi 26 novembre à 19h.
📅 Exposition accessible gratuitement du 26 novembre 2026 au 10 janvier 2027
📍 Hall de la Mairie du 10ᵉ, 72 rue du Faubourg Saint-Martin
