Annie Colère : projection débat à l'occasion de la Journée mondiale de l'IVG
Mise à jour le 07/08/2026
Lundi 28 septembre prochain, la Mairie du 10e organise une projection-débat du film "Annie Colère", en présence d'Annie Chemla, ancienne militante du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC).
Un long métrage au cœur du combat pour le droit à l’avortement en France
Blandine Lenoir
Découverte à 15 ans dans le film Carne de Gaspar Noé, Blandine Lenoir est très vite passée derrière la caméra. Depuis 1999, elle a réalisé huit courts métrages largement primés en France et à l’étranger. Son premier long métrage ZOUZOU sort en salles en 2014. Aurore en 2017 puis Annie Colère en novembre 2022, et enfin Juliette au printemps en juin 2024.
Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception), qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l’aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l’adoption de la loi sur l'avortement un nouveau sens à sa vie.
À l'occasion du 28 septembre, Journée mondiale de l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), la Mairie du 10e vous invite avec le Planning familial à venir découvrir gratuitement le film Annie Colère, une œuvre de Blandine Lenoir qui célèbre la solidarité féministe à un moment charnière de l'accès au droit de l'avortement.
📆 Pour assister à cet événement, rendez-vous lundi 28 septembre 2026 à 18h30 en salle des fêtes de la Mairie du 10e, 72, rue du Faubourg Saint-Martin (entrée libre et gratuite).
Vidéo Youtube
Annie Chemla, figure de la lutte pour le droit à l'IVG
Annie Chemla ou Annie Chemla-Lafay, est une militante des droits des femmes. Elle grandit en Tunisie et arrive en France en 1969, où elle poursuit des études de philosophie puis de logique mathématiques.
Elle fait toute sa carrière dans l'administration, d'abord au ministère de l'Industrie puis au ministère des Finances, où elle commence à travailler en 1998. Elle est militante syndicale à la CFDT pendant la plus grande partie de sa vie professionnelle. Annie Chemla est spécialisée en ressources humaines et en comparaisons internationales en matière de gestion publique et de réformes de l’État. Après avoir été successivement conseillère en orientation professionnelle puis responsable de la formation au management des cadres supérieurs et dirigeants du ministère des Finances, elle est recrutée en 2005 comme cheffe du département Recherche, études et veille du centre de formation du ministère des Finances. Elle prend sa retraite en 2011.
En janvier 2024 paraît son récit autobiographique Nous l'avons fait. Récit d'une émancipation féministe, dans lequel Annie Chemla témoigne de son parcours de militante au sein du MLAC.
🔎Le Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC)
En 1973, l’IVG était illégale en France. Le MLAC fut alors créé pour en demander la légalisation. Ses membres : des hommes, des femmes, médecins, étudiants, enseignants. Leurs revendications étaient claires. « Abrogation de tout texte répressif en matière d’avortement. Deuxièmement, une modification de la loi Neuwirth pour rendre la contraception libre d’accès aux mineures. Enfin, une prise en charge de la Sécurité sociale de tout acte médical concernant l’avortement et la contraception avec une dérogation spéciale pour les mineurs », énumérait une militante en 1973.
Le collectif voulait faire avancer la loi sur l’IVG. Il manifestait, occupait pacifiquement des maternités. Il organisait aussi des voyages à l’étranger pour les femmes voulant avorter dans des pays où la pratique était alors légale. Tout ça finit par payer : en 1975, la loi Veil était votée, l’IVG dépénalisée. « À partir d’aujourd’hui, les Françaises peuvent se faire avorter librement, en tout cas dans les 10 premières semaines de leur grossesse », annonçait-on aux journaux télévisés.
Le MLAC a continué son combat jusque dans les années 80. Le collectif a notamment manifesté en 1982 pour demander le remboursement de l’IVG par la sécurité sociale
