Le 10e à l’affiche : une demi-dizaine de films tournés près de chez vous

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 26/10/2026

Alain Delon dans les escaliers de la rue d’Alsace, Audrey Tautou sur son écluse, Michel Serrault au métro Louis Blanc… Certaines scènes de cinéma se déroulent à deux pas de chez vous. Retour sur une demi-dizaine de films qui invitent à regarder le 10e autrement.

Une femme est une femme : la Nouvelle Vague au coin de la rue

En 1961, Jean-Luc Godard réunit Anna Karina, Jean-Claude Brialy et Jean-Paul Belmondo dans une comédie amoureuse pleine de couleurs et de musique. Leur terrain de jeu : les environs de la porte Saint-Denis, entre le faubourg et les grands boulevards. Le film multiplie les vues de commerces, de cafés et de passants, conservant au passage les visages du quartier. Au 73, rue du faubourg Saint-Denis, on retrouve la façade de l’immeuble où habite Angela, le personnage d’Anna Karina. Une occasion de découvrir le faubourg au début des années 1960, dans toute son agitation quotidienne.

Le Clan des Siciliens : Gabin prend ses quartiers sur le canal

Gabin, Delon, Ventura, la musique de Morricone : sorti en 1969, le polar d’Henri Verneuil avait bien des arguments pour entrer dans l’histoire du cinéma, et le 10e lui fournit plusieurs de ses décors. Au 64, quai de Jemmapes, on trouve la fabrique de jouets et l’appartement du clan Manalese, dont Gabin incarne le patriarche. Plus à l'est, Delon joue les fugitifs du côté du passage Delanos et des escaliers de la rue d’Alsace. Deux façons de parcourir le quartier… à des rythmes différents !

Le Viager : Michel Serrault chez Claverie

Nous sommes en 1930. Louis Martinet est promis à une mort prochaine. Du moins son médecin s'en persuade-t-il, au point de convaincre son frère d’acheter sa maison en viager. Mauvais calcul : sous le soleil d'un village de pécheurs encore inconnu, Saint-Tropez, Martinet va retrouver une santé insolente… Cette comédie de Pierre Tchernia, écrite avec René Goscinny et sortie en 1972, réserve aussi une apparition à une adresse du quartier. Avant son départ pour Saint-Tropez, le personnage interprété par Michel Serrault quitte son travail chez Claverie, au 234, rue du Faubourg Saint-Martin, puis descend dans le métro Louis Blanc. La célèbre maison de corsets et d’articles orthopédiques joue ainsi son propre rôle de décor, avec sa devanture bien reconnaissable.

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain : le bonheur tient à un ricochet

On associe volontiers Amélie Poulain à Montmartre et au café des Deux Moulins. Mais l’héroïne de Jean-Pierre Jeunet a aussi ses habitudes dans le 10e. Parmi les petits plaisirs qu’elle affectionne : faire des ricochets sur le canal Saint-Martin, à l’écluse des Récollets. Quelques pierres lancées par Audrey Tautou suffisent à inscrire les lieux dans l’imaginaire du film, sorti en 2001. Pas de grande déclaration, pas de course-poursuite : ici, le cinéma s’attarde sur un geste minuscule. Et donne envie de prolonger la promenade. Et pour les plus attentifs, Amélie se balade aussi dans la gare de l'Est, et du côté des escaliers de la rue d'Alsace !

Les Chansons d’amour : le quartier donne de la voix

Quelques années plus tard, Christophe Honoré fait à son tour du 10e un décor emblématique du cinéma. Dans Les Chansons d’amour, sorti en 2007, Louis Garrel, Ludivine Sagnier et Clotilde Hesme vivent au rythme des chansons d’Alex Beaupain. On reconnaît le Brady, boulevard de Strasbourg, et les Étoiles, rue du Château d’Eau, mais aussi le 45, rue du Faubourg Saint-Martin, où vivent Julie et Ismaël, et le 51, rue Louis Blanc, adresse d’Erwann. Entre les appartements, les sorties et les rencontres, le quartier accompagne les élans comme les chagrins des personnages. Les plus observateurs reconnaîtront même le bas de la façade de la mairie du 10e, devant laquelle Louis Garrel passe en coup de vent !

Le canal reconstitué pour Hôtel du Nord

Difficile d’évoquer le cinéma dans le 10e sans penser à Hôtel du Nord. Pourtant, pour son film de 1938, Marcel Carné tourne dans les studios de Billancourt, où Alexandre Trauner reconstitue l’hôtel et les abords du canal. Un décor devenu indissociable du quartier… sans y avoir été filmé !